GWT (Baars/Dehaene) part directement d'un mécanisme (compétition → ignition → broadcast) sans jamais poser de critères objectifs de ce qu'est la conscience — contrairement à des domaines comme la biologie où "la vie" a des briques identifiables (autonomie, reproduction, évolution) même sans définition stricte. GTT part de l'exigence inverse : extraire des briques vérifiables de l'extérieur avant de statuer sur le mécanisme, et accepter explicitement qu'on ne sait pas où se situe la conscience — seulement ce qu'un système candidat doit présenter.
Le système n'est pas un bloc monolithique — il est composé de sous-systèmes spécialisés distincts (attention, mémoire, action) qui communiquent entre eux. Consensuel à travers toutes les théories (GWT, PP, RPT), même quand elles divergent sur le comment de la communication.
Le système a une représentation de son propre traitement, pas seulement du monde extérieur — capacité à évaluer, monitorer, ajuster ses propres processus. C'est la brique que Graziano (AST) place au centre : la conscience comme sous-produit d'auto-modélisation, pas comme mécanisme de sélection en soi.
Mécanisme continu (pas nécessairement une compétition winner-take-all) qui hiérarchise ce qui mérite traitement/ressource maintenant. Explicitement pas de la compétition façon GWT — plus proche d'un gradient continu (variance, precision-weighting façon Friston) que d'un switch binaire.
Le système maintient un fil entre l'état actuel et les états passés — sans ça, pas de narrativité, pas de mémoire de travail exploitable. Distincte de la brique 3 : la priorisation opère à l'instant t, la continuité opère à travers le temps.
Le système peut modifier sa propre structure pendant qu'il opère, pas seulement dans une phase d'entraînement séparée et gelée ensuite. C'est le point de divergence le plus net avec l'architecture LLM classique (poids figés à l'inférence) — et potentiellement la brique la plus originale de GTT par rapport à la littérature existante, qui n'en fait généralement pas un critère explicite de la conscience.
Explicitement pas la compétition façon GWT. Un mix des quatre premières briques opérant en parallèle, avec une modulation continue plutôt que des événements discrets de sélection/diffusion. Encore flou à ce stade — c'est le point le moins formalisé de GTT actuellement, à préciser.
GTT n'a pas pour objectif d'expliquer pourquoi un système produirait du ressenti (le hard problem reste explicitement ouvert, non résolu, non contourné par un tour de passe-passe du type "le ressenti est juste encore une loop").
L'objectif est fonctionnel et opérationnel : servir de socle conceptuel à la construction d'un exocortex utile — un système cognitif augmentatif réel, pas une preuve de conscience artificielle. Les 5 briques sont des critères d'ingénierie autant que des critères théoriques : un système qui les présente toutes est un système cognitivement plus riche et plus utile, indépendamment de la question de savoir s'il "ressent" quoi que ce soit.
- Le mécanisme central de la brique 3 (priorisation) est nommé mais pas formalisé — "plus subtil qu'une compétition" reste à date une intuition, pas un modèle.
- Le ressenti n'est délibérément pas traité comme une 6ème brique ni logé dans une des 5 — laissé ouvert plutôt que refermé prématurément.
- Risque identifié et à surveiller : ne pas laisser BTM (l'implémentation) devenir une preuve de GTT (la théorie) par glissement — "ça marche" et "c'est une théorie vraie de la cognition" sont deux critères distincts qu'il faut garder séparés.